Musée du Sceau


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Le Sceau à travers l'Histoire

Les origines


L'apparition du sceau remonte à la nuit des temps. D'après les égyptologues anglais Newberry, Percy et Scrabs, le mot de l'égyptien ancien désignant le sceau signifie " fermer ". A l'origine, le sceau a servi à garantir une fermeture. Le fait de fermer une lettre ou un document en le munissant d'un sceau, interdisait à toute personne étrangère de prendre connaissances de son contenu. Les documents ainsi fermés sont plus anciens que ceux authentifiés par un sceau. Quand le document scellé contenait un ordre, le sceau donnait légitimation à son destinataire. Le sceau devient symbole. Newberry a pu déterminer trois usages du sceau dans l'Egypte ancienne :


For security : garantir la sécurité
For authenticating : authentifier des documents
For transference of authority : pour transmettre un pouvoir


Pour avoir une valeur, le sceau devait porter un signe, une marque facile à reconnaître par le destinataire. Le mot latin sigillum qui devient Siegel en allemand, sigillo en italien, seal en anglais et sceau en français, est dérivé de signum, qui signifie, le petit signe, la petite marque. On peut le rapprocher de secare, couper. Les premières marques faites par les hommes pour marquer la propriété ont été des signes gravés, coupés dans le bois des bâtons, des outils. Ces signes furent probablement les premiers sceaux.

Tous les peuples de l'Antiquité connaissaient l'usage des sceaux. Dans la Bible, de nombreux passages y font allusion. Hérodote, de son côté, note qu'à Babylone " chacun possède un sceau et un bâton ouvragé, orné d'une pomme, d'une rose, d'un lys ou d'un aigle".

Nombre de ces sceaux ont été conservés ou plutôt retrouvés. Ils sont de forme cylindrique (sceaux babyloniens par ex.) ou en forme d'anneaux (annuli signa). Ils étaient gravés dans des matières telles que le basalte, le porphyre, le lapis-lazzuli, parfois dans de l'os ou de l'ivoire. Les Romains, grands amateurs de pierres précieuses, possédaient si nous en croyons Pline, des sceaux taillés dans des matières telles que le beryl, le topaze, l'émeraude, l'opale, entre autres.


Le Moyen-Age et la réalisation des sceaux


L'usage des sceaux en forme d'anneaux s'est perpétué à travers les temps barbares, le Moyen-Âge, et jusqu'à nos jours. Souvent au bas des chartes de l'époque mérovingienne on peut lire : " Annuli nostri impressione sigilari jussimus " c'est-à-dire " Nous avons ordonné qu'on scellât cette charte en y impriment notre anneau " ou quelque formule analogue. Les Carolingiens seront les premiers à se servir d'autres sceaux. Ils deviendront pendentifs, et le mot " annuli " disparaît, remplacé de plu en plus souvent par le mot " sigilum ". La taille des sceaux augmente, ils deviennent de plus en plus grands, les formes changent et se diversifient. Chez les rois de France, le chancelier, gardien du sceau de l'Etat, le porte à son cou.

La réalisation d'une matrice comprenait plusieurs étapes essentielles. On commençait par graver un positif. Là dessus on coulait le métal, dont on supprimait les imperfections à la lime et au poinçon. Ce travail de graveur, particulièrement délicat, était en général réalisé par des orfèvres, parfois par des moines ou des Juifs. On faisait parfois appel à des artistes connus pour dessiner les sujets des matrices. On en possède de Dürer pour le maître Jan de Bruxelles.

Ce sont cependant les empreintes qui sont arrivées en grands nombres jusqu'à aujourd'hui. Elles sont le plus souvent en cire, qui peut être employée telle quelle. Parfois elle est mélangée à de la poix, de la craie, de l'étoupe. Tantôt elle est vierge, tantôt colorée, le plus souvent en vert, en jaune ou en rouge. Dans certaines chancelleries la couleur indique la nature de l'acte scellé. La cire blanche, par exemple, fut adoptée en France pour le sceau royal. Le Grand Maître de l'Ordre Teutonique utilisait le noir, l'Empereur du St. Empire Romain Germanique scellait de rouge et concédait ce droit à ceux qu'il voulait particulièrement honorer.


Le scellement


Pour appliquer un sceau sur un parchemin, on entaillait celui-ci en croix, et on engageait les languettes obtenues par l'incision, dans un gâteau de cire ramollie par la chaleur, sur lequel on appliquait la matrice. Ces matrices métalliques, en forme de pinces ressemblaient à de petits gaufriers. Les sceaux étaient généralement appliqués en bas, et à droite du document lorsqu'il s'agissait de chartes royales ou impériales. Sur celles des pinces laïques ou ecclésiastiques, il se trouve souvent en bas et au milieu du document, encadrés par les noms des témoins.

A l'apparition des sceaux métalliques, plomb pour les papes, métal plaqué or ou argent pour les grands feudataires, ils ne seront plus collés, mais appendus à la charte, par les liens appelés lacs. Ceux-ci sont, bien entendu, inclus dans la masse de cire ou de métal.

Le processus de fixation était le suivant : après avoir replié le bord inférieur du parchemin, des trous ou fentes étaient percés par lesquels on faisait passer une lanière de parchemin,
De cuir ou encore de cordelettes ou des tresses de soie, de chanvre, de laine. Celles-ci étaient engagées dans la masse métallique ou dans le gâteau de cire. L'acte était dit scellé sur lac de soie, de chanvre… Ces lacs de soie, de chanvre ou de laine étaient presque toujours bicolores. En cas d'utilisation de parchemin, on disait que l'acte était scellé sur simple ou double queue de parchemin.

Chacun de ces modes de scellement servait pour une catégorie particulière d'actes. Quand un parchemin était muni de plusieurs sceaux, ceux-ci étaient rangés par ordre de préséance ; si le nombre des contractants était important, les sceaux pouvaient être appendus, non seulement au bas de l'acte mais également sur les côtés.

Parfois, chaque lanière portait le nom de la personne dont elle devait soutenir le sceau. Ceux-ci ayant juridiquement une très grande importance, mille précautions étaient prise pour en assurer la conservation. Parfois, ils étaient placés dans une soucoupe de cire, parfois on les enfermait dans une bourse de parchemin ou dans une boîte en bois ou en métal. Ces dernières façons de procéder datent de la Renaissance.


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